Emile MAGRAS |
| | Emile MAGRAS nous a quitté ce mercredi 28 décembre 2011, corossol.info présente ses sincères condoléances à toute sa famille. |
| | | | Fils de MAGRAS Hypolitte et de LEDEE Hermina, je suis le 4 ème enfant, Emile MAGRAS, né le 18 juin 1926 à Corossol, d 'une famille de six enfants ( 4 frères et 2 soeurs). Tout jeune, j 'ai dû apprendre à travailler très dur ainsi que mes frères et soeurs, pour aider nos parents à s 'en sortir, et ainsi nous étions déjà dans le bain quand vint notre tour de fonder une famille. Nous n 'avions pas beaucoup de moyens pour vivre ( la pêche et le travail de la paille) mais nous étions quand même heureux ensemble. Je me suis embarqué à l 'âge de 16 ans sur le " Pourquoi-pas", un bateau de 6 m de long qui naviguait entre Saint-Barth-Saint-Eustache et Saint-Martin. J'y suis rester 5 ans puis j 'ai changé pour m 'embarquer sur les goélettes à voile qui, elles , étaient beaucoup plus grandes: "Le Carmella" comme matelot en 1945, ensuite sur "L' Inèse" dans les années 46-48, pendant deux ans,je suis passé ensuite sur le " Ruth" pour un an, puis sur le "Jean Le Bon" jusqu'en 1952 où j'ai fait un petit séjour sur le "Malou" sloop à moteur, en 1954. Le capitaine DANET me demanda d'embarquer sur le "Rouby" toujours comme matelot, ce que j'ai accepté jusqu'en 1956, et là, le moment était venu pour de me marier à l'âge de 29 ans avec Cécilia QUESTEL, mon épouse qui avait 18 ans. Mais l'un comme l'autre, nous n'étions pas plus riches que nos parents. |
| | J' ai été réembarqué sur le "Jean Le Bon" 9 mois comme Patron avec mes deux frères. Mais voilà que nous avons fait naufrage et le bateau n'a jamais pu être récupéré. Etant donné ce naufrage, j 'ai été embarqué sur le "Fernwood", navire à moteur pour un an, pour aller ensuite faire trois mois de remplacement sur le " Ipana". J'ai continuer mon métier de marin sur le " Ruth " et ensuite sur le " Lockinnvar " qui transportait marchandises et bêtes à cornes avec le Patron M.DANET, pour achever ma carrière de marin sur la " Santa-Maria " et le " Ino ", grand navire naviguant plutôt vers les îles vierges d 'Amérique centrale avec pour Patron M.BEAL. A cette période, la navigation était très difficile à vivre non seulement pour le marin, mais aussi pour sa famille, lorsqu'il me fallait partir laissant ma femme avec quatre ou cinq enfants pour rester parfois jusqu' à trois mois dehors ce n 'était pas évident, et au retour c' était très dur pour les enfants, surtout les tout petits. Combien d'heures d 'angoisse, de soucis, de tracas j 'ai dû endurer, mais en pensant à mes enfants, à ma femme, à notre amour, je les confiais toujours à Dieu dans mes prières, ça me remontait le moral et je gardais confiance. Malgré toutes les difficultés et les déboires rencontrés dans la vie, nous avons quand même fondé une belle famille de 11 enfants et je suis entouré de 13 petits-enfants, qui font le bonheur de notre famille. La famille pour nous avait une grande importance, et pour se créer une vie, un avenir sur des bases solides, il faut combattre. Par mon métier de marin, j 'ai connu quatre naufrages, dont un, où nous avons perdu le gouvernail, et nous avons dû fabriquer un gouvernail de fortune pour faire route vers la terre. |
| | | " Le Brindickate " Après 27 années de bon et loyaux services dans la marine Française et à peu près dix ans de navigation étrangère (sur " Brindickate " et " Antifer ") je me suis engagé en 1975 dans une autre voie, la création d'une chambre froide pour tenir le poisson frais avec l 'aide de mon fils aîné Yvon, embarqués tout les deux sur le canot " Dany", ensuite sur un plus grand "Sourire du Sud " et vînt après la Saintoise " Tarzan ". |
| | | La Saintoise " Tarzan " Nous nous sommes mis à l 'oeuvre et pendant 15 années, nous avons écoulé du poisson pour la Guadeloupe par avion. |
| | | La Seine à " coulirous " Pendant la bonne période, 1 tonne de poissons par jour était expédiée. Je n 'omet de dire qu' une équipe de Saintois et de Désiradiens travaillaient avec nous à deux périodes différentes. En 1989, ayant eu des problèmes de santé, j'ai été contraint d'arrêter la pêche. Pour tout dire, c 'était un travail épuisant, car quand on à 11 enfants à nourrir, à habiller, à éduquer..., il faut travailler très dur, mais grâce à notre savoir-faire, à notre patience et surtout à notre fois en Dieu. |
| | La levée de" la nasse " Nous y sommes arrivés et nous remercions Dieu de nous donner l'occasion d 'être avec nos enfants et petits-enfants pour notre 50 ème anniversaire de mariage. |
| | Je garde une pensée particulière pour tous les amis avec qui j' ai navigué, ceux qui ne sont plus avec nous et tous les autres qui se reconnaîtront. |
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